Une mort tres douce – Simone de Beauvoir

1. “Je ne tenais pas particulièrement de revoir maman avant sa mort; mais je ne supportais pas l’idée qu’elle ne me reverait pas. Pourquoi accorder tant d’importance a un instant, puisqu’il n’y aura pas de mémoire? Il n’y aura plus de réparation. J’ai compris pour mon propre compte, jusque dans la moelle de mes os, que dans les derniers moments d’un moribond on puisse enfermer l’absolu.”

2. “Quand quelqu’un de cher disparait, nous payons de mille regrets poignants la faute de survivre. Sa mort nous découvre sa singularité unique; il devient vaste comme le monde que son absence anéantit pour lui, que sa présence faisait exister tout entière; il nous semble qu’il aurait dû tenir plus de place dans notre vie: à la limite toute la place. Nous nous arrachons a ce vertige: il n’était qu’un individu  parmi d’autres. Mais comme on ne fait jamais tout son possible, pour personne – même dans les limites, contestables, qu’on se fixées – il nous reste  encore bien des reproches a nous adresser.”

3. “Inutile de prétendre intégrer la mort a la vie et se conduire de manière rationnelle en face d’une chose qui ne l’est pas : que chacun se débrouille à sa guise dans la confusion des sentiments.”

4. “Nous assistions à la répétition générale de notre propre enterrement. Le malheur, c’est cette aventure commune à tous, chacun le vit seul.”

Recenzie O moarte usoara

Posted on noiembrie 20, 2011, in Simone de Beauvoir and tagged . Bookmark the permalink. Lasă un comentariu.

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